PANNEAU DE LA FRISE « AUX OISEAUX », PROVENANT DU MAUSOLÉE D - Lot 42

Lot n° 42
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Estimation :
5000 - 7000 EUR
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PANNEAU DE LA FRISE « AUX OISEAUX », PROVENANT DU MAUSOLÉE D - Lot 42
PANNEAU DE LA FRISE « AUX OISEAUX », PROVENANT DU MAUSOLÉE DU SHAYKH SOUFI NUR AL-DIN 'ABD AL-SAMAD (m. 1299-1300) À NATANZ, IRAN, KASHAN, ART ILKHANIDE, 707 H./1308 Céramique siliceuse à décor moulé, rehaussée de lustre, de bleu de cobalt et de turquoise sur fond blanc. Le registre central est animé d’une inscription coranique monumentale, inscrite sur un dense réseau d’enroulements végétaux ponctué d’oiseaux perchés ou figurés par couples ; dans la frise supérieure, les têtes de ces derniers sont piquetées. Une fine frise inférieure porte, en coufique répété, le mot « Allâh ». État : fracture restaurée et retouches au décor. L’œuvre est présentée dans un ancien encadrement en bois, portant plusieurs étiquettes anciennes, dont une grande étiquette mentionnant un lieu de stockage et un numéro : « Garde-meuble Tailleur (Fils), 3508 ». Dimensions : 37 x 37 cm. Texte : Sourate 76 al-Insân (L'Homme), partie du verset 13. Provenance : collection privée, Paris ; acquisition non documentée par l’actuel propriétaire auprès du descendant direct de M. Maurice Buffet, artiste peintre (1909-2000). Le revers conserve d’anciennes étiquettes et inscriptions, dont l’une renvoie à un ancien entrepôt d’œuvres d’art : Société Tailleur Fils – transport et garde-meuble (Saint-Denis), établissement fermé le 25 décembre 1990. Ce carreau provient d’une remarquable frise épigraphique qui ornait l’intérieur du complexe de Natanz, commandé par Zayn al-Din al-Mastori, haut fonctionnaire du sultan Uljaytu, en hommage au célèbre maître soufi Shaykh Nur al-Din ‘Abd al-Samad, mort en 699 H./1299-1300. Ce dernier appartenait à l’un des deux grands ordres soufis de l’Iran ilkhanide. Déployée au-dessus d’un revêtement composé d’étoiles et de croix, la frise ceinturait la chambre funéraire. Son inscription monumentale reprend des versets de la sourate 76 du Coran, al-Insân (« L’Homme »), consacrés notamment aux récompenses promises aux croyants au Paradis. La datation précise de cet ensemble repose sur un panneau conservé au Metropolitan Museum of Art de New York (inv. 12.44), qui porte la date de Shawwal 707 H., soit mars-avril 1308 (McClary et Grbanovic, 2021). La dispersion des carreaux vers les collections occidentales débute dès le XIXe siècle, au moment où plusieurs musées acquièrent d’importants fragments de cet ensemble. Les registres de ce qui deviendra le Victoria and Albert Museum signalent ainsi l’entrée, en 1876, de 43 carreaux provenant d’une mosquée de « Natenz [sic] » (Miroudot, 2012). Ces acquisitions furent réalisées par l’intermédiaire d’Européens alors en poste en Iran, avec l’accord des autorités iraniennes (Masuya, 2000). Cette histoire explique l’absence actuelle de la frise dans son contexte architectural d’origine. Parmi les panneaux aujourd’hui identifiés, figure un carreau conservé au musée Granet à Aix-en-Provence (inv. 942.1.65), portant la mention « wa kataba thâlika fî », « Il a calligraphié cela en », complétant ainsi l'inscription de celui du Metropolitan pour former l section permettant de dater l’exécution de la frise. Ce carreau du musée Granet a été photographié et publié par Anaïs Leone (Leone, January 15, 2025, Khamseen: Islamic Art History Online, fig. 9). Aujourd’hui entièrement démantelée et dispersée, la frise était déjà signalée par le comte Julien de Rochechouart dans ses mémoires de 1867, à la suite de son voyage à Natanz en 1862-1863 (Masuya, 2000). Selon Anaïs Leone, le périmètre de la salle, d’environ 22 m, permet d’estimer à près de soixante le nombre de carreaux qui composaient à l’origine l’inscription déroulant les dix-huit premiers versets de la sourate 76 (Leone, January 15, 2025. Host: Khamseen: Islamic Art History Online). Plusieurs dizaines de fragments ont pu être identifiés dans différents musées, notamment au musée du Louvre ; le carreau portant le dernier mot du verset 18 appartient à ce groupe (Louvre AD 7638 a). Le Louvre conserve également le panneau suivant immédiatement notre carreau (Louvre AD 7638 e), comme le montre la proposition de reconstitution de cette section de la frise que nous avons réalisée. D’autres carreaux sont aujourd’hui conservés dans de grandes collections publiques, parmi lesquelles le British Museum à Londres, l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, le Hetjens Museum de Düsseldorf et le MAK Museum de Vienne. Il convient enfin de signaler un panneau situé au début de la frise, inscrit du commencement de la basmala, publié chez Sotheby’s le 13 octobre 2004, lot 103. Une reconstitution récente de cette frise, réunissant l’ensemble des panneaux identifiés à travers le monde, est annoncée par Anaïs Leone dans son article de janvier 2025 : Leone et McClary, « From the Shrine to the Museum: New Perspectives on the Qur’anic Bird’s Frieze from ʿA
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