RARE PLAT (TABSIL). MAROC, FÈS, XIXe SIÈCLE. De forme circul - Lot 117

Lot 117
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RARE PLAT (TABSIL). MAROC, FÈS, XIXe SIÈCLE. De forme circul - Lot 117
RARE PLAT (TABSIL). MAROC, FÈS, XIXe SIÈCLE. De forme circulaire légèrement creuse, reposant sur une base annulaire, en faïence émaillée bleu sur fond blanc, peint à l’oxyde de cobalt bleu et à la limonite pour le jaune. Orné d'une large composition calligraphique en miroir du mot Allâh en style angulaire, dans une belle arcature élaborée, sur un fond végétal garni de bouquets. Egrenures, petits éclats et sauts d'émail. Marque sur la base S pour "Serghini" et Fès, ainsi qu'un numéro : N°223. Diamètre : 41cm ; Hauteur : 9,3cm. Ce plat tabsil légèrement creux est parmi les rares plats de Fès à composition libre dont le décor ne soit pas rayonnant et dont les motifs ne se répartissent pas à partir du centre. La décoration se déploie en éventail à partir d'un axe vertical, contrairement à la plupart des plats de faïence. Le thème principal est d'ordre épigraphique et architectural. Le motif central, peint en bleu et cerné d'un trait brun, reproduit en miroir la formule pieuse “Al-Molk”, c'est-à-dire “puissance” (de Dieu), en une écriture coufique tressée très stylisée. Il est encadré par une arcature polylobée peinte en bleu et soulignée intérieurement d'un ruban jaune vif, qui rappelle le mihrab. Ce motif décoratif à connotation religieuse a été introduit dans la faïence vers la fin du XVIIIe siècle J.-C., et était encore utilisé au début du XIXe. Ce thème a été inspiré par les dessins de même facture, gravés sur les linteaux de bois d'époques mérinide et saadienne. L'arcature se prolonge sur les deux côtés par des consoles se terminant en fleurons et le fond est couvert de motifs floraux et de fleurs d'inspiration ottomane. Ce type de plat légèrement creux était normalement utilisé pour servir les tourtes marocaines ou bastella, mais celui-ci semble avoir rempli une fonction beaucoup plus décorative et symbolique qu'utilitaire. L'étude stylistique et comparative, ainsi que par la teinte grise et délavée du bleu caractéristique des plats antérieurs à la seconde moitié du XIXe siècle, qui était due à la qualité de l'oxyde de cobalt resté encore plein d'impuretés jusqu'en 1850. En effet, ce n'est qu'à partir de cette date que ce minerai a pu être complètement débarrassé de ses impuretés pour permettre l'obtention d'un bleu franc dans les céramiques grâce à l'utilisation de nouveaux procédés industriels. Seul un autre exemplaire est publié, conservé dans la collection du musée du Batha à Fès au Maroc (inv. 54.794), voir : Sijelmassi, Mohamed, Les Arts traditionnels au Maroc, Edité par ACR, Paris, 1986, cat. 207.
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