Portrait monumental de Nasir al-Din Shah Qajar

Lot 112
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Estimation :
70000 - 80000 EUR
Portrait monumental de Nasir al-Din Shah Qajar
Iran, art qajar, signature en bas à gauche de l’artiste Ja'far (Dâr al-Funûn à Téhéran), datée 1875-76 Huile sur toile. Portrait en pied sur fond grisé. Le souverain pose assis sur une chaise, regardant de face, les mains gantées posées sur les cuisses. Il porte une tenue d’apparat à galons dorés avec épaulettes et un long ruban bleu turquoise sur lequel est posée une ceinture de diamants. Sur sa tête, un couvre-chef orné d’une aigrette. Il tient un sabre de sa main gauche. Inscription en bas à gauche en shekaste nasta’liq qui indique : « ‘amal-e kamtarîn-e khanzâd Ja’far tarbiat yâfteh-ye madreseh-ye mobarakeh-ye dâr al-Funun sana (1)292H.», œuvre de l’humble Ja’far, élevé à la maison, éduqué à l’école bénie dâr al-Funun (maison des arts), année 1292H./1875-76. Toile agrandie par l’artiste permettant la taille monumentale ; anciennement roulée, montée sur châssis, accroc avec petite fente en bas à droite. Repeints et restaurations. La partie inférieure montre des repeints contournant la signature, restée préservée sur son fond d’origine de couleur plus claire. 182 x 94 cm . Collection particulière de Dr. Parviz Faraz, Paris, fin des années 1970. Acquis directement auprès de la famille de celui-ci. Puis par descendance à l’actuel propriétaire. L’art du portrait en Iran fut porté à son apogée sous le règne de deux souverains qajars, Fath ‘Ali Shah (r. 1797-1834) et son arrière-petit-fils Nasir al-Din Shah (r. 1848-1896), qui utilisèrent leur image comme un moyen d’affirmation du pouvoir impérial. Le long règne de Nasir al-Din Shah Qajar (ou Nasreddin Shah), né en 1831, correspond à une période de modernisation de l’Iran. En matière artistique, le souverain a soutenu un courant de peinture plus réaliste, dont les changements de conventions et l’influence avérée de la photographie tranchèrent avec le style développé sous son aïeul Fath ‘Ali Shah. Le tableau présenté ici, dont le superbe visage est surprenant de réalité et le fond grisé comme une photographie, incarne tout à fait les critères artistiques de cette période. Passionné d’archéologie et d’histoire, Nasir al-Din s’intéresse très tôt à la photographie. Les premiers exemplaires de daguerréotype, invention française de 1839, arrivent en Iran dès le début des années 1840, et sont présentés au Palais Royal de Téhéran en 1842. Très intéressé par cette nouvelle technique, le jeune souverain de 19 ans commande à un photographe français une série de clichés de sites et de monuments, puis s’initie lui-même à la photographie. Il fut le premier souverain iranien à se rendre en Europe, à trois reprises, en 1873, 1878 et 1889, où il visita les Expositions Universelles de 1878 et 1889. Il put alors se rendre compte de lui-même de la modernisation et de l’industrialisation de l’Europe. Il développa les échanges transnationaux entre l’Europe et l’Iran et ouvrit la voie à la modernité en conjuguant continuité et innovation (Elahe Helbig, « Édification d’un pouvoir, composition d’une histoire. L’héritage photographique de l’époque qajare » in : Gwenaëlle Fellinger (Ed.), L’Empire des Roses. Chefs-d’œuvre de l’art persan du XIXe siècle, Musée du Louvre-Lens, Louvre-Lens, 2018, pp. 390-401). Le peintre Ja’far étudia sous l’égide de Sani’ al-Mulk au célèbre Collège des Beaux-Arts « Dar al-Funun », fondé en 1851, où la photographie était enseignée. Puis il y enseigna, et signa alors ses tableaux en intégrant le nom « Dar al-Funun ». Au sujet de Dar al-Funun, lire Maryam Ekhtiar, « Nasir al-Din and the Dar al-Funun: the Evolution of an Institution”, in: Iranian Studies Vol. 34, numbers 1-4, 2001, pp. 153-163. Parmi les œuvres de Ja’far répertoriées, différentes signatures ont été relevées. Un autre portrait de Nasir al-Din Shah assis, de dimensions légèrement différentes, est signé exactement de la même façon et également daté 1292 H. (1875-76), cité et référencé de la collection n°6 (Collection du Prince Sadruddin Agha Khan) dans : Karimzadeh Tabrizi, The Lives and Art of Old Painters of Iran, vol. 1, Londres, 1985, p. 130, n°3 et p.439, n°6. Un autre tableau représentant le souverain debout sur une terrasse, appuyé sur une chaise tapissée de velours vert, avec la même signature en nasta’liq est visible sur internet (https://www.globalgallery.com/detail/266626/jafar-portrait-of-nasir-al-din-shah-qajar). Un autre tableau signé Ja’far, représentant un ministre de la Cour qajare, fut vendu chez Christie’s à Londres le 10 octobre 2006, lot 149. La signature écrite en nasta’liq indiquait alors « amal-e mirza ja’far naqqash-e madreseh-ye mobarakeh-ye dar al-funun », (Suite sur PDF). Expert L.S.
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